Une
équipe de chercheurs français, néerlandais
et colombiens a testé avec succès un nouvel agent
pharmacologique pour le traitement du paludisme. Nommé G25,
ce principe actif inhibe la synthèse d’une substance,
la phosphatidylcholine, un phospholipide majeur dans la composition
de la membrane du parasite.
Ces
travaux ont été dirigés par Henri Vial avec
des chercheurs du CNRS et de l’INSERM de l’Université
Montpellier II.. La mortalité liée au paludisme dans
le monde est énorme. On estime en effet qu'une personne en
meurt toutes les douze secondes et principalement des enfants de
moins de cinq ans. L'émergence de résistances aux
traitements chez le parasite Plasmodium, combinée à
la résistance aux pesticides des moustiques vecteurs, ne
fait que compliquer la lutte contre la maladie.
Une
nouvelle voie thérapeutique pourrait être ouverte avec
la découverte rapportée par Henri Vial et ses confrères.
Signée Wengelnik et al. Le cycle infectieux du parasite est
caractérisé par une étape érythrocytaire
pendant laquelle on assiste à une synthèse importante
de phospholipides essentiels pour le développement de l'agent
infectieux. C'est notamment le cas de la phosphatidylcholine synthétisée
par le parasite.
L'idée
était donc d'inhiber la synthèse de la phosphatidylcholine
dans le parasite. Wengelnik et al ont ainsi développé
"une série de composés basés sur leur
capacité à mimer la structure de la choline".
Un de ces composés, le G25, présente des propriétés
particulièrement intéressantes.
Le
G25 s'est montré un inhibiteur puissant de la croissance
de P. falciparum et P. vivax in vitro. Cette activité a été
retrouvée à de très faibles concentrations
et sur des souches de Plasmodium résistantes aux antipaludéens
courants. En injection intramusculaire, de très faibles doses
de G25 ont guéri définitivement des singes infectés
par Plasmodium falciparum ou P. cynomolgi.
Les
scientifiques expliquent que cet effet puissant et sélectif
s'explique en partie par l'accumulation très marquée
du G25 dans les érythrocytes. La concentration d'un analogue
du G25 dans les érythrocytes est des centaines de fois supérieure
à celle retrouvée dans le milieu extérieur.
Le
CNRS et l'Inserm ajoutent dans un communiqué commun que "cette
approche pharmacologique en est à un stade avancé,
proche des études précliniques". Les équipes
se concentrent désormais sur la mise au point d'une formulation
orale. Enfin, des essais menés au Cameroun et à Washington
DC laissent penser que le développement des résistances
serait excessivement limité.
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l'article original : www.lesoleil.sn/archives/article.CFM?articles__id=11659&index__edition=9520
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