Ils
sont venus nombreux de partout, élèves, étudiants,
parents d’élèves, personnalités politiques
et religieuses, etc. pour prendre part jeudi à l’Institut
Voltaire d’enseignement supérieur, technique et professionnel
(IVESTP) à la cérémonie du lancement officiel
des activités du «club santé de l’Institut
Voltaire».
Les 30 000 élèves et les milliers d’étudiants
encadrés par plus de 200 professeurs, surveillants et éducateurs,
ont pris le pari de s’informer et de lutter contre le vih/sida.
Ce, à travers le thème de la table ronde au menu de
la cérémonie: «La jeunesse scolaire et estudiantine
face aux grandes pandémies MST, Sida, quels comportements»?
Initiative heureuse prise par M. Ormon Léon, président
– fondateur du Groupe Voltaire et ses collaborateurs surtout
que le sida affecte de façon exponentielle et dramatique les
Ivoiriens. Les premiers cas décrits sur place en 1985 révélaient
moins d’un millier d’infectés. Pour connaître
par la suite une courbe sensible : 14 665 cas en 1993, 18 670 en 1994
puis, à ce jour un million de sujets sur une population nationale
estimée à 15 millions d’habitants.
Dans ce pays où le taux de prévalence fait partie des
plus élevés de l’Afrique de l’Ouest (10%),
le sida représente au dire du professeur E. Bissagnéné,
la première cause de décès (adulte). Les sujets
de 15-49 ans infectés, constituent 87% des personnes vivant
avec le vih-sida.
Malgré les campagnes conduites depuis ces dernières
années, le sida, remarque-t-on, demeure une maladie de la honte
car, associés à la sexualité, une maladie de
la mort car perçue comme incurable. La conspiration du silence
observée chez les adultes qui ont la «vraie information»
en rajoute à l’ignorance de bon nombre de concitoyens
vis-à-vis de la pandémie.
N’est –ce pas qu’une enquête réalisée
en 1993 par le PNLS, l’ENSEA et FHI a révélé
le faible niveau de connaissance en matière d’infections
sexuellement transmissibles? Et malgré un niveau de connaissance
relativement élevé sur le vih-sida, cette étude
a aussi montré que les jeunes n’adoptent pas de comportements
sexuels responsables. En effet, pour les jeunes de ce pays, dont plus
de la moitié (56% chez les garçons et 54% chez les filles)
sont sexuellement actifs à 15 ans, le condom n’est utilisé
que par moins de 32 à 35%.
C’est dire combien Voltaire a raison de parler du sida, entre
autres maladies aux jeunes de l’établissement.
DOUH. L. PATRICE
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l'article original : www.fratmat.co.ci/story.asp?ID=9723
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