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Le soleil | Sénégal | 07/06/2013 | Lire l'article original
Un homme géant, un peu plus jeune, proteste. « Cela fait plus d’une heure que j’attends et on ne m’a pas encore appelé », lance-t-il. Sur un ton serein, un agent lui rétorque : « Est-ce que vous vous êtes inscrit à l’entrée ». « Non », lui répond le candidat au dépistage.
Aux environs de 9 heures 50 mn, 154 personnes s’étaient déjà inscrites. La liste ne cesse de s’allonger au fil des minutes. Par groupes ou individuellement, des personnes affluent pour se consulter ou se dépister. Ceci montre le besoin de connaissance des maladies de la prostate mais aussi le manque de moyen des populations pour accéder au dépistage. Moustapha Sy, un Sénégalais qui a vécu aux Etats-Unis, ne se fait pas prier pour parler des pathologies de la prostate. « Dans l’Etat de l’Ohio, aux Etats-Unis, des inscriptions vous exhortant à aller vous dépister lorsque vous avez plus de 40 ans sont affichées dans les bus. Au Sénégal, les informations ne passent pas. Les Sénégalais sont sous-informés, alors que la maladie continue de tuer. Mon père a vécu jusqu’à 83 ans sans aller à l’hôpital. Il marchait des kilomètres. C’est à moins d’un mois de sa mort que nous avons su qu’il avait le cancer de la prostate », confesse-t-il.
Les hommes n’ont pas l’habitude de se faire consulter
La gratuité des consultations et du dépistage à l’occasion de cette journée est venue à point nommé. Robert Diarra, installé dans couloir donnant sur le jardin, près du parking, est dans le doute, contrairement aux personnes plus âgées qui lisent tranquillement leurs journaux. C’est pour la première fois qu’il se présente au Service d’urologie. « Les femmes ont l’habitude d’aller chez les gynécologues, mais les hommes ne consultent pas souvent un urologue. J’ai la peur du cancer de la prostate. Nous ne savons pas à quel moment la maladie survient. Nous ne connaissons pas non plus les causes. J’ignore si elle est liée à l’alimentation ou à l’activité sexuelle. Donc, je voudrais savoir si je suis malade ou pas », déclare-t-il de façon décomplexée.
Les personnes interrogées partagent un point commun : la pudeur entourant la maladie de la prostate. Ce qui constitue un frein au dépistage. Un autre homme d’un certain âge, portant une barbichette poivre-sel, patiente à l’écart. Il est sensible à l’augmentation du nombre de cas de maladies de la prostate. « Ces consultations gratuites sont une bonne chose, parce que 90 % des personnes âgées n’ont pas les moyens pour se faire consulter ou se dépister. Toutefois, il faudra diversifiées les actions. Il faut un encadrement sanitaire pour les personnes âgées », prodigue Abdoul Dème qui traîne, depuis quelques années, une des maladies de la prostate. Cet homme, qui parle couramment le français, n’a pas manqué de donner quelques conseils. « Lorsqu’on a plus de 60 ans, il faut respecter à la lettre les prescriptions du médecin. Si la maladie atteint un stade, il faut un traitement spécifique. Mais il y a des personnes âgées qui refusent de se conformer aux prescriptions en disant que si elles optent pour certains traitements, elles n’auront plus d’enfants », dit-il.
Abdoul Dème déroule le fil de la narration pour apporter d’autres conseils et des témoignages. Aucun brin de remord ou d’inquiétude ne transparaît dans ses propos. « Nous devons savoir que c’est une maladie qui arrive avec l’âge. La vieillesse est irréversible. Je ne vois pas pourquoi s’inquiéter lorsqu’on vous dit que vous avez une maladie de la prostate », soutient-il. Toutefois, l’homme reconnaît que cette maladie indispose ; le malade étant obligé de se rendre fréquemment aux toilettes pour soulager sa vessie.
Idrissa SANE
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