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Le soleil | Sénégal | 18/05/2006 | Lire l'article original
Pouvez-vous nous faire le bilan des différentes opérations de dépistage du cancer que vous avez organisées ?
Nous avons fait plusieurs sites dont Saint-Louis à deux reprises, Mboro, Nianga, Guédiawaye, Cambèrene, Yoff, Hlm, Grand-Yoff, Tambacounda et Gorée. Nous envisageons d’aller à Fatick, à Kolda et de revenir à Gorée pour toucher toute la population. A chaque fois au moins 70 femmes se sont présentées. Dans certaines zones on a eu plus de 100 femmes, comme c’est le cas aujourd’hui (120) et à Tambacounda où nous avons réussi à dépister 125 femmes. D’une manière générale, on a constaté que 50 % des femmes présentent une anomalie. Mais, cela ne veut pas dire qu’elles ont un cancer. A chaque fois, sur 100 personnes dépistées, il y avait quatre cancers environ et après on voit des femmes qui ont des lésions gynécologiques qui, si elles ne sont pas traitées, peuvent se transformer en cancer. Nous disons que ces campagnes sont plus qu’utiles et nous pensons continuer. Ceci n’est qu’un modèle ; nous nous disons que si chaque médecin spécialisé pouvait voir 100 femmes par semaine, voyez un peu, ce que cela aurait donné comme résultat à l’échelle nationale
Maintenant quelle appréciation faites-vous des différentes séances de dépistage que vous avez déjà organisées et l’engouement des femmes qui tiennent coûte que coûte à se faire dépister ?
Vous savez, moi j’ai beaucoup fait confiance aux femmes dans nos pays. Je sais que les femmes ont une volonté extraordinaire, le problème que nous rencontrons chez les femmes, c’est l’information. Les femmes ne savent pas ce qu’il faut faire et comment le faire, le jour où elles le sauront, elles le feront. Aujourd’hui, c’est le principal problème que je rencontre. Vous les journalistes avez un rôle à jouer. Si les femmes savaient qu’en faisant un frottis vaginal on pouvait réduire de 80 % le taux de mortalité par cancer du col, toutes les femmes le feraient. Si elles savaient que cela pouvait compromettre leur vie sexuelle, leur vie tout court, leur productivité, elles n’auraient même pas hésité. Donc, aujourd’hui vous comprenez bien que quand on leur dit qu’il y a un moyen d’éviter deux types de cancers, elles sautent sur l’occasion. Elles veulent toutes faire le dépistage. Et je les encourage à continuer dans ce sens. Je signale aux femmes qu’il y a deux techniques de prévention et de dépistage du cancer gynécologique. Le premier, c’est le dépistage de la prévention du cancer du sein qui se base sur trois stratégies : la première stratégie c’est l’autopalpation c’est la palpation faite par la femme elle-même, qu’elle soit malade ou non. Elle doit se palper les seins tous les mois au moment des règles et s’auto-examiner. La deuxième stratégie c’est que chaque femme une fois par an doit se faire voir par un praticien, qu’il soit médecin, infirmier et sage-femme. Donc, cette stratégie c’est l’examen clinique fait par un praticien et cet examen clinique doit se faire tous les ans. La troisième stratégie c’est l’examen mammographie. On fait un premier cliché à 35 ans, ensuite un cliché à 40, 41 et 42 ans si ces clichés sont normaux, en ce moment, on peut espacer les examens.
Vous demandez aux femmes de venir en masse faire le dépistage, mais vous vous plaignez souvent qu’elles viennent en masse, pouvez-vous vous expliquez sur cela ?
Quand on demande aux femmes de venir massivement c’est surtout pour les sensibiliser. Mais, pour les campagnes de dépistage, il faut reconnaître que je suis un humain, je viens avec deux stagiaires, on ne peut pas voir un très grand nombre de femmes. On met en place un système dans lequel on informe de ce qu’il faut faire, on transfère la connaissance aux paramédicaux et aux médecins que nous visitons. A charge pour eux de continuer le travail. Mais, il ne saurait être question de dire qu’Abdoul Aziz Kassé va voir l’ensemble des femmes du Sénégal. Ce n’est pas possible. Par contre, nous avons besoin de maximum de femmes pour dire c’est possible venez voir X chez vous. Si vous avez remarqué, j’ai dit que mon boulot serait vain si cela devait s’arrêter aux quelques femmes que j’ai vues et à la conférence que j’ai donnée mais que j’avais besoin de relais. Je vous ai dit que mes relais devaient être les médecins d’abord, des paramédicaux ensuite. C’est également les médias, les politiques, les chefs traditionnels, les chefs religieux et la collectivité dans son ensemble. Parce que vous savez que les femmes les plus touchées selon les cancers sont très variables. Dans le cancer du sein, on ne connaît que 10 % des facteurs de risque, donc il y a 90 % de facteurs qui ne sont pas connus. Et avoir un facteur de risque ne veut pas dire avoir un facteur de causalité, ce n’est qu’un facteur favorisant donc nous évitons trop de nous appesantir sur ces questions-là parce que ça risque de créer des problèmes inutiles.
Propos recueillis par E. Kaly
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